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Post Covid-19 : Comment Revenir au Blended Learning?

Les signes encourageants se multiplient pour envisager une sortie de la pandémie et de la crise qu’elle a créée partout dans le monde.

A cette occasion, nous avons tous découvert Zoom, que nous ne connaissions pas et fait l’expérience du 100% online / virtuel. Nous avons fait des apéro-Zooms, des Zoom-concerts et de la gym et du yoga via Zoom. Dans notre activité du Learning et de l’Executive Education, comment l’impact des 18 derniers mois que nous avons vécu va-t-il se traduire ? Il semble raisonnable de dire que très peu envisagent que ce soit LA solution d’avenir. A contrario, nous avons essayé (et souvent avec succès) des choses qui « étaient impossibles » avant la pandémie. Alors qu’allons-nous garder ou pas et, surtout, comment allons-nous designer et déployer des parcours de développement après ce choc ?

1 – Quel bonheur que le online !!

En déployant des parcours 100% en ligne / de manière virtuelle, nous avons approfondi et souvent apprécié les aspects suivants:

  • Le online permet vraiment l’apprentissage à son rythme et un accompagnement réellement individuel puisqu’il est à la fois facile de suivre la progression de chacun et de questionner / partager / collaborer pour apprendre mieux et « à son rythme ».
  • Les économies de temps de d’argent sont substantielles, sans parler de la fatigue que peuvent générer les voyages internationaux pour retrouver un groupe de formation ou de développement. De plus, on peut « se voir » plus fréquemment et réellement mettre le développement « in the flow of job », avec toutes les expérimentations que cela permet.
  • Une plus grande diversité des groupes, aussi bien parce que le travail en ligne semble favoriser les personnes un peu plus introverties que du fait qu’ajouter quelques personnes d’autres pays / fuseaux horaires « ne coûte rien ».
  • Le web est d’une richesse immense et chacun d’entre nous aura plus l’apprécier puisque le recherche de connaissances y est très facile et quasiment gratuite (Coursera, LinkedIn Learning, France Université Numérique, etc.). Il est donc très aisé d’élargir significativement son champ de vision et ses perspectives lorsque les parcours sont essentiellement en ligne.

2- Mais que de frustrations également

Le 100% en ligne a aussi ses effets pervers que nous avons pleinement appréciés puisque la vie a été uniquement numérique et virtuelle pour plusieurs d’entre nous. Nous avons en effet tous entendu ou expérimenté:

  • L’impact très négatif de la fameuse « Zoom fatigue » qui ne concerne pas uniquement la formation mais la quasi-totalité de nos activités depuis plusieurs mois. Nul besoin de s’étendre sur le sujet !
  • La quasi-impossibilité de faire du networking. Un des objectifs affichés de nombreux programmes de formation est la possibilité de faire du networking entre personnes qui ne se rencontrent pas habituellement dans le cadre de leurs responsabilités. Cette possibilité a pratiquement disparu lorsque les programmes sont déployés en ligne.
  • La difficulté à pratiquer certaines activités en ligne. Si l’acquisition de connaissances est facile en ligne, les activités qui demandent une interaction forte (innovation, créativité, travail d’équipe, etc.) sont beaucoup plus difficiles.
  • Les réunions ou la formation en ligne sont une grosse économie de temps pour les personnes qui sont ensemble à des horaires « normaux ». Une des contreparties de la grande diversité des groupes de formation est que, pour certains participants, les sessions synchrones ont lieu à des horaires « extrêmes », très tôt le matin ou très tard le soir selon la composition des groupes.
  • Enfin, le côté spontané, imprévu qui permet des rencontres surprenantes lors de réunions physiques ou présentielles, est pratiquement absent dans les réunions en ligne où « tout est prévu ». Même les moments de convivialité ou les cafés organisés en ligne rencontrent un succès très relatif … probablement par manque de spontanéité.

Ce tableau étant dressé, nous allons revenir à une vie « normale », même si notre future normalité est un peu différente de celle que nous avons connue avant.

Face à tous ces questionnements, que pouvons-nous faire pour trouver une normalité accalmée et sereine pour l’avenir. Au moins en ce qui concerne le monde du Learning et de l’Executive Education, il me semble que nous pouvons faire 3 choses.

  • Nous poser à nouveau la question des bénéficiaires de l’Executive Education. Entre la nécessité de faire évoluer les compétences (les fameux upskilling et reskilling !) et la facilité que le travail en ligne permet, il semble légitime que la formation continue touche plus de gens dans les entreprises et organisations. De plus, le rebattage des cartes que la pandémie a accéléré pour beaucoup d’entreprises, renforce le besoin d’alignement clair entre la stratégie de l’entreprise et les actions de tous ses salariés.
  • Repenser le design des parcours au vu de la répartition géographique des bénéficiaires et des technologies disponibles. Nous savons tous que re-designer ne signifie pas découper un parcours existant en tranches de 90 minutes mais réellement repenser totalement la dynamique de l’apprentissage du point de vue des participants. C’est une dynamique que nous devons encore améliorer pour beaucoup de parcours de formation.
  • Apprendre à faire évoluer sans cesse ces designs pendant le déploiement des programmes. Dans la mesure où ces activités de learning deviennent du développement « in the flow of job », ce que font les participants est utilisé comme base de travail. Les contenus et les designs doivent donc être suffisamment flexibles accueillir et utiliser intelligemment ces contenus créés par les participants.

Ce paysage étant brossé, il nous reste à décider comment nous allons concevoir et déployer les programmes de formation ? Allons-nous encore faire du distanciel et, si oui, pourquoi et comment ? Les nouvelles technologies de la formation vont-elles connaitre un arrêt ou, au contraire, accélérer et nous apporter des solutions toujours plus performantes pour la formation distancielle ? De vraies questions pour les mois et semaines à venir. Bienvenue dans le nouveau monde de l’Executive Education.

Jean-Marie Ardisson (VP Corporate Relations at Headspring, a Financial Times and IE Business School joint venture) and Malek Adjerad (Design Director at Headspring)